L’école communale

Douloureux ou attendrissant, les souvenirs d’école, de la salle de classe et son tableau noir à la cour de récréation et son immense préau, restent à jamais gravés dans nos mémoires.

Groupe-scolaire
L’école de Saint-Michel, début des années 1900.

En 1816, une ordonnance royale oblige les communes à proposer une instruction primaire (même sous le contrôle de l’Eglise). Mais aucune mesure importante n’est prise et cette ordonnance reste une vaine promesse.

Maison d
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Les premiers instituteurs

  • Après 1789 – (Le curé de la paroisse)
  • 1846 – François CHAMPON
  • 1850 – Augustin MÉARY (Brion)
  •     –     – André GUILLOT
  •     –     – Michel VILLAZ
  • 1869 – Joseph Etienne DOURON
  • 1877 – Jacques-Régis VACHER
  • 1880 – Pierre Antoine GAILLARD
  • 1882 – Daniel Alexandre PELLERIN
  • 1891 – Anselme Joseph BOUVAT
  • 1911 – Joseph PION-ROUX

 

Les premières institutrices

  •     –     – Rose MEUNIER-MERLOZ
  • 1869 – Julie Dorothée CHARBONNIER
  • 1877 – Aimée OLLIVIER
  • 1879 – Marie COLLET
  • 1881 – Berthe MONNET
  • 1882 – Clotilde VALLANTIN
  • 1889 –  Mlle JULIEN
  • 1893 – Marie GRASSET
  • 1896 – Mme DUBIEF
  • 1906 – Victoria CAMET

Les premiers cours d’enseignements à Saint-Michel-de-Saint-Geoirs étaient donnés par des religieux, seuls quelques enfants de familles suffisamment aisées pouvaient assister à ces cours payants. Avant 1836, il n’existe aucune archive connue faisant mention de projet de construction d’école dans la commune.

Les Maisons d’école au XIXème siècle à Saint-Michel

En 1833, la loi Guizot impose l’ouverture d’une école de garçons dans toutes les communes de plus de 500 habitants. En 1836, le conseil municipal évoque le coût de dépense pour une instruction primaire et un instituteur. 505 habitants sont recensés à Saint-Michel, la commune est donc dans l’obligation d’ouvrir une école ou plutôt une « maison d’école ». Ces maisons d’école n’étaient souvent que des locaux de fortune, une pièce unique, petite, mal éclairée et mal chauffée, voir une grange désaffectée ou un presbytère qui ne se distinguait en rien des autres maisons du village.

En 1839, pour la première fois, la construction d’une maison pour l’école primaire est évoquée. Cette proposition reste sans suite, priorité à la construction de l’église et à l’entretien des chemins communaux.

En 1847, François Champon, natif de la commune (La Barbaudière), qui sort de l’École Normal, est nommé instituteur. Une maison est louée (non répertoriée), seulement pour y faire les cours, il n’y a pas de logement. Les parents qui envoient leurs enfants á cette instruction doivent payer l’instituteur. Les tarifs s’échelonnent de 1,20 Franc á 3 Francs par élève suivant la classe. 5 élèves, dont les parents n’ont pas les moyens, sont admis à ces cours. 

En 1849, le bail expire. Il n’y a plus de maison d’école. 
Le maire contacte l’instituteur, qui possède un bâtiment au mas du Mollaret, pour y faire une salle d’étude et un logement pour lui. Le bail est de 4 ans, le prix est fixé á 140 Francs à l’année. La salle de classe peut servir ultérieurement au conseil municipal. Les frais des travaux, d’une armoire, d’un placard pour les archives de la mairie et du charbon pour le chauffage sont à la charge de François Champon.
En 1850, 15 élèves nécessiteux sont admis.

En 1852, le maire communique à ses conseillers que « le souhait des habitants est qu’il soit établi dans la commune une maison d’école pour garçons et filles avec un logement pour l’instituteur et l’institutrice et une salle de mairie pour la réunion du conseil municipal ».

1866 : création du Certificat d’étude primaire. Il fut supprimé en 1989.
En 1867, la loi Duruy impose aussi aux communes de plus de 500 habitants l’ouverture d’une école réservée aux filles. Il n’y a pas d’obligation à Saint-Michel (483 habitants à cette époque).

Entre 1853 et 1882, il y aura 2 maisons d’école répertoriées dans la commune : à partir de 1853, une maison d’école pour garçons (maison au mas du Devais) et à partir de 1875, une maison d’école pour filles (maison aux Fonts Rivoires).

  • La maison au mas du Devais (actuelle demeure de Gilles Monnet).
    Régis Champon qui habite aux Fonts Rivoires fait construire une maison au mas du Devais.
    Le 1er novembre 1853, un bail à ferme (bail rural) est signé entre le maire Joseph Coste et le propriétaire de cette nouvelle habitation qui servira de maison d’école pour garçons, pour une durée de 9 ans au tarif de 150 Francs à l’année.
    Quelques années plus tard, cette maison est vendue à Joseph Douron (instituteur à Oulles près de Bourg d’Oisans).
    Le 1er janvier 1878, M. Douron cède à la commune cette maison, à titre de bail à loyer pour une durée de 2 ans.
    Cette habitation est composée au rez-de-chaussée d’une salle à l’usage de la classe des garçons, d’une cuisine située au-dessus de la cave, de 2 chambres à l’étage et d’une salle de mairie située au-dessus de l’escalier. La moitié du gatelas, le jardin, l’écurie et la moitié de la cave sont inclus dans la location. Ce logement sert à l’école et au logement de l’instituteur. Le loyer de 195 Francs est payé par la commune, le paiement des contributions reste à la charge de l’instituteur.
    Le 15 février 1880, le bail est renouvelé pour une une durée de 2 ans.

  • La maison aux Fonts Rivoires (actuelle maison Durand).
    En 1875, un bail à loyer est signé entre le maire M. Joseph Dye et Mlle Euphroisine Mollière, propriétaire d’une maison aux Fonts Rivoires.
    D’une durée de 3 ans, ce bail prend effet à compter du 1er janvier 1875 réglé par la commune : 45 francs à l’année. Le paiement des contributions étant à la charge de Mlle Mollière.
    Cette maison, qui doit servir à l’école des filles est composée au rez-de-chaussée d’une salle à usage de la classe, au 1er étage d’une cuisine et d’une chambre pour l’institutrice. Le grenier et la cave sont compris dans la location.
    En 1878, une convention est signée entre le maire M. Joseph Coste et Etienne Clerc (qui a acheté la maison d’Euphroisine Mollière), pour un bail de 2 ans.
    En 1880, cette maison devient la propriété d’Étienne Ginet-Gris. Le bail est renouvelé avec la commune pour une durée de 2 ans.

Le 12 février 1879, une promesse de vente est signée entre M. Joseph Coste, maire de la commune, et M. Rémy Champon cultivateur (père de Daniel, le futur maire), qui habite l’actuelle maison Détroyat, concernant la vente d’un terrain de 20 ares environ, au prix de 1 539,30 Francs, situé au mas des Fonts Rivoires pour servir d’emplacement à la construction d’une maison d’école prévue par l’Administration locale. Le paiement sera échelonné sur 20 ans.
Le 6 juillet, Une caisse spéciale pour l’établissement et l’amélioration des bâtiments scolaires est crée. Mais il manque la somme de 20 268,42 Francs. Des avances et des subventions exceptionnelles sont accordées par M. le Ministre de l’Instruction Publique, des emprunts à la caisse des écoles permettent de finaliser le projet.

Construction de l’école et de la mairie

La loi Jules Ferry du 16 juin 1881, rend l’enseignement primaire public gratuit, puis obligatoire et laïc par la loi du 28 mars 1882. L’Église s’opposera avec virulence à une école « sans Dieu » et « sans morale ». Mais l’École de la République sera ainsi à partir de cette date : obligatoire, gratuite et laïque pour les enfants garçons et filles de 6 à 13 ans.

Le 9 mai 1880, le conseil municipal est réuni pour procéder à l’adjudication des travaux de construction de la maison d’école de garçons, école de filles et mairie. 5 soumissions avaient été déposées sur le bureau et c’est M. Eugêne Collonge, entrepreneur à Roybon qui fut choisi. Le montant total du devis est de 31 165,15 Francs. Avec un rabais de 11,10% proposé par M. Collonge, le montant net des travaux s’élève à 27 705,82 Francs.
La même année, les travaux pour la construction de l’école communale débutent, supervisé par l’architecte Edouard Romiguière, directeur des travaux.

Le 26 octobre 1882, le certificat de réception définitive est signé par le maire de Saint-Michel, assisté de l’entrepreneur et de l’architecte après vérification des travaux exécutés dans les règles de l’art, conforme au devis et au cahier des charges de ce groupe scolaire et mairie.

L’ensemble de ce groupe scolaire a été construit dans un espace clos avec pour les filles d’un côté et les garçons de l’autre sa cour de récréation (séparée par une clôture), son préau ouvert aux vents et ses cabinets d’aisances. Le bâtiment comprend 2 salles de classes, bien éclairées avec de grandes fenêtres et bien aérées avec des hauts plafonds, ou sont soigneusement alignés les rangés de pupitres biplaces. L’étage est réservé au logement de l’instituteur. L’architecture du bâtiment est aussi pris en considération avec ses murs en galets roulés typique de la région. Une mairie est également aménagée avec sa salle du conseil qui, ainsi associée à l’école, a valeur de symbole.
On retrouvera ce modèle de bâtiment scolaire familier à nos yeux dans la grande majorité des villages de France.

En 1883, Joseph Félix André-Poyaud vend 54 ares à la commune pour élargir le chemin vicinal vers l’école.

En 1932, des travaux de réfection et de réparations de l’école sont exécutés ; réparation de 4 pièces au logement de l’instituteur ; réfection des murs de la cour et des préaux et construction d’un mur de séparation des cours de garçons et filles.

1934 : une pétition des parents d’élèves est envoyée à l’Inspecteur d’Académie concernant le retard des enfants vis-à-vis de l’instruction, il n’y a plus qu’une classe suite aux changements trop fréquents des instituteurs. L’année suivante il y a 40 élèves, les parents des enfants réclament une seconde classe.

1936 : l’obligation scolaire est portée de 13 à 14 ans.

Le 19 décembre 1937 : plainte des parents d’élèves. Les tentatives de mixité des classes ont été combattues. Le curé de la paroisse, l’abbé Fabre en aurait été l’un des principaux artisans. Cette plainte concernant l’école mixte sera envoyée au préfet le 4 juillet 1939.

8 septembre 1940 : réouverture de la 2ème classe, fille d’un côté et garçons de l’autre.

1942 : à la rentrée scolaire les enseignants demandent qu’il y ait un groupe d’enfants de 6 à 7 ans dans l’école des filles et un groupe d’enfants dans l’école des garçons ; proposition acceptée.

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Sources :
Archives Départementales de l’Isère.
Registre matricule des élèves de St-Michel-de-St-Geoirs (Garçons).
L’année 1918 et l’année 1919 à St-Michel-de-St-Geoirs, Madeleine Meunier.
Merci à Danièle Guillot, Brigitte Guillot “La Fraternelle”, Madeleine Meunier, Gérard Champon, Gilbert Jacquemet et Maurice Dye pour leurs contributions. 

Photos de classes
Il n’existe aucune carte postale ou cliché photographique ancien de salle de classe d’école de Saint-Michel, dans la mesure ou les instituteurs semblent ne pas laisser entrer les photographes « dans » les salles de classe. Rares sont les communes qui en possèdent et seul nous restent les traditionnelles photos de classes des photographes ambulants. Prévenus de leur passage, les parents mettaient un point d’honneur à ce que les enfants soient bien habillés.

1945 – 1955

Antonine et André Chavant

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A. Chavant
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Extrait audio de l'interview concernant l'émission "Sixième Sens", enregistrée le lundi 17 octobre 2016 sur la radio RCF.
Antonine Chavant parle avec passion de sa période d'enseignante à Saint-Michel de 1945 à 1955. (© rcf.fr)

Antonine Chavant, la passion d'enseigner

Extrait audio de l’interview concernant l’émission “Sixième Sens”, enregistrée le lundi 17 octobre 2016 sur la radio RCF. Antonine Chavant parle avec passion de sa période d’enseignante à Saint-Michel de 1945 à 1955. (© rcf.fr)

À peine mariés, Antonine et André Chavant sont nommés à Saint-Michel pour la rentrée scolaire de 1945. Ce n’est pas leur premier poste, mais leur premier poste double.

Après avoir enseigné pendant 2 ans dans le village de Saint-Laurent-de-Mure (Rhône), qui était à l’époque en Isère, Antonine se marie en avril 1945 à André Chavant, instituteur, fils d’Eugène Chavant*. Ils sont nommés à Saint-Michel-de-Saint-Geoirs à la fin de la guerre, le 1er octobre de cette même année, avec le statut d’intérimaire. C’est leurs premiers postes ensemble dans la même école.

À cette époque, il n’y a pas encore l’eau courante à Saint-Michel. Il faut se déplacer jusqu’à la petite fontaine située en contre-bas à environ 100 m pour faire sa réserve d’eau. 

Il y a 33 garçons et 33 filles dans chacune des 2 classes.  Ces élèves âgés de 5 à 14 génèrent beaucoup de travail. 
Quelques mois après leur arrivée, le maire et des parents d’élèves proposent à M. et Mme Chavant de rester à Saint-Michel. 
Un parent d’élève propose alors de faire la « co-éducation ». Bien que les valises de ces deux nouveaux arrivants ne soient pas encore toutes défaites, qu’il n’y ait pas l’eau à l’école et que le travail soit dur avec une classe unique pour chacun d’eux, ils adhèrent à cette proposition de mixité entre garçons et filles. Avec moins de divisions par classe il y aura ainsi moins de travail et donc moins de difficultés pour un meilleur résultat scolaire.

Le 1er janvier 1946 commencent alors pour ces deux instituteurs au statut de titulaire, 10 années d’école, avec pour la maîtresse ; « les petits » et pour le maître ; « les grands ». 

La mixitė scolaire s’est généralisée en France dans les écoles publiques et privées dans les années 1960. Il faut attendre 1975 (11 juillet) et la loi du ministre René Haby pour que la mixité devienne obligatoire à l’école de la maternelle au lycée (Décrets d’application en 1976).

Les punitions

S’il est une punition qui a marquée des générations d’écoliers quelque peu indisciplinés, c’est bien le « piquet » qui revient en mémoire. Cette sanction consiste à rester debout et immobile dans un coin, le dos tourné à la classe pendant un certain temps.Suivant les fautes, les punitions étaient variées. Pour les plus humiliantes, c’était le bonnet d’âne ou l’écriteau dans le dos où était inscrit la raison de la sanction, et dont le « cancre » devait porter dans la cour de récréation ou même après la classe à travers le village quand il rentrait à la maison.
Il y avait aussi les coups de règle sur le bout des doigts, les paires de gifles … et autres châtiments corporels. L’instituteur pouvait aussi vous priver de récréation, vous garder en retenue à la fin de la journée, ou vous infliger les fameuses lignes à copier 100 fois « je ne dois pas parler en classe avec mes petits camarades ».
Aujourd’hui, les châtiments corporels sont interdits (circulaire de l’Education nationale du 6 juin 1991). Les punitions ne doivent plus être humiliantes et doivent respecter l’élève et sa dignité. Le dialogue et la valorisation de l’élève ont remplacés certaines punitions.

L’ardoise

Sur le grand tableau noir, il y avait parfois des exercices ou l’instituteur écrivait des questions. Pour répondre l’élève devait brandir son ardoise sur laquelle il avait soigneusement inscrit à la craie sa réponse. Chaque écolier possédait son ardoise avec de la vraie ardoise et son cadre en bois à angles arrondis.

La salle de classe

La salle de classe n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Sur les murs d’un vert administratif, pas de dessins joyeux et colorés. Il y avait le grand tableau noir et les cartes de France dont certaines montraient les reliefs montagneux avec les fleuves ou d’autres les départements. Parfois, un bouquet de fleurs offert par un enfant à la maîtresse venait embellir et égayer la classe.
Quant aux fenêtres, elles étaient situées au-dessus des petites têtes des écoliers afin qu’ils ne soient pas distraits par l’activité extérieure. 
L’estrade était l’espace le plus important de la classe. C’était sur ce plancher surélevé de quelques dizaines de cm que se dressait le grand tableau noir avec en dessous sa réserve de craies de plusieurs couleurs et ses brosses à effacer. Sur cette même estrade était aussi posé le bureau de l’instituteur où trônait l’imposant globe terrestre.
Au pied de l’estrade, il y avait aussi le poêle à charbon, rond, avec un gros tuyau au-dessus. À tour de rôle deux enfants étaient de corvée pour aller chercher le charbon à la cave.

1947 : Travaux de construction d’un nouveau WC et d’un mur de soutènement dans la cour.

1950 : nouveaux mobiliers modernes, le tableau noir devient vert avec des battants.

M. André Chavant est décédé le 22 décembre 2013 à l’âge de 92 ans. 
Mme Antonine Chavant a pris sa retraite en 1976. Elle est aujourd’hui âgée de 98 ans et vit à Grenoble. Il y a seulement 2 ans, elle donnait encore des cours de soutien en grammaire à des lycéens !

Un grand merci à Mme Antonine Chavant pour sa contribution !

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∗ Eugène Chavant (1894-1969) dit ” Clément “, résistant français, fut le chef civil des maquis du Vercors pendant la Seconde Guerre mondiale, Compagnon de la Libération.


Monographie agricole de la commune

Travail réalisé entre 1949 et 1951 par André Chavant avec l’aide des élèves et des parents d’élèves.

Don de Mme Chavant à la Mairie de Saint-Michel en janvier 2016.

< (Consultable en mairie)

Année scolaire 1955-1956

Gilbert Bessiron

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Monsieur Gilbert Bessiron est nommé à Saint-Michel le 1er octobre 1955 à l’âge de 19 ans. Il sort du lycée Champollion de Grenoble et c’est donc son premier poste d’enseignant.
Plusieurs institutrices se succèderont à ses cotés durant l’année scolaire 1955-56 dont Mlle Castelli et Mlle Gendelle.

1956 – 1983

Suzanne et Robert Pion

S. Pion
R. Pion
Rentrée scolaire
pages d
table-operation

Suzanne et Robert Pion sont nommés à Saint-Michel le 1er octobre 1956. 

La « maîtresse » s’occupait des petits (SE, CP, CE1 et CE2) et le « maître » officiait dans la classe des grands (CM1, CM2). 

1959 : scolarité obligatoire portée de 14 à 16 ans
1960 : création du CES (Collège d’enseignement secondaire)

Les pages d’écriture

Les fameuses pages d’écriture sont des souvenirs particuliers pour chaque écolier ayant connu le porte-plume en bois (puis plus tard en plastique). L’image que l’on garde, c’est ce moment ou, courbé sur le pupitre, on s’appliquait en tirant la langue à écrire soigneusement sur son cahier à l’encre violette tout en trempant de temps en temps la plume dans l’encrier.
Cet encrier en porcelaine blanche était encastré à côté de la rainure en haut du bureau et toujours à droite. Une des raisons pour laquelle l’École s’appliqua longtemps à contrarier et forcer les gauchers à écrire de la main droite.
Avant de tourner la page d’écriture ou de fermer le cahier, il était primordial de poser son buvard blanc sur les lignes fraîchement écrites, si on ne voulait pas avoir un pâté, en clair… une grosse tache d’encre.
Le maître ou la maîtresse écrivaient aussi avec leurs porte-plume, mais à l’encre rouge pour les corrections ou les annotations, dans la marge du cahier.

Dans les années 1960, le porte-plume serra remplacé par le stylo à encre à cartouche, puis vers 1965 apparait le fameux Bic et ainsi l’autorisation d’utiliser le stylo à bille.

En 1961, de gros travaux sont réalisés : nouveaux placards dans les salles de classes, 2 chauffages au mazout et cuve de décantation, restauration des plafonds et planchers, nouvel escalier d’accès à l’étage, etc.
Mais c’est surtout l’arrivée de l’eau dans le logement de l’instituteur qui est remarqué avec évier, lavabo, évacuation, etc. Ces travaux se terminent par le goudronnage des cours de récréation. Coût total : 10 858,20 Francs.

Le vieux poêle

Le vieux poêle à charbon si salissant a donc été remplacé par un poêle à mazout avec sa pompe et son odeur désagréable. Parfois un parfum subtil de pelures d’oranges séchées déposées par la maîtresse sur ce chauffage venait embaumer la salle de classe les mois d’hiver.
Dans la classe des grands, il y avait une émanation bien différente, celle de la pipe de M.Pion qui accentuait encore davantage la sévérité de ce maitre d’école que certains élèves craignaient, mais qui cachait en fait sous sa barbe toujours bien taillée beaucoup d’attention.

Apprendre « par cœur »

Pour apprendre à compter dans la petite classe, il y avait le boulier, remplacé dans les années 1960 par des bûchettes en bois. Mais chaque écolier se souvient de la précieuse table de multiplications qu’il fallait apprendre par cœur. Elle comprenait aussi les additions, les soustractions et les divisions. On trouvait ces tables bien souvent au dos de la couverture des cahiers.
Il y avait aussi les chefs lieu de départements que les élèves devaient mémoriser en cours de géographie. En histoire c’était les dates comme “1515 Marignan” que tous les écoliers semblent connaître sans trop savoir ou est Marignan et ce qui s’est passé !

1963 : création du CEG (Collège d’enseignement général)

1965 : à la suite d’une suppression de classe, M. Robert Pion est affecté au collège de St-Etienne-de-St-Geoirs.

1970 : le jeudi, jour préféré des écoliers est remplacé par le mercredi + une demie journée supplémentaire le samedi.

Dans les années 1970, pour une question de pédagogie, les estrades dans les salles de classe sont supprimées, histoire d’éliminer la notion de hiérarchie entre l’instituteur et les élèves… décision qui fit débat. 

En 1983 et après 26 ans d’enseignement à Saint-Michel où elle fut très appréciée, Mme Suzanne Pion s’installe à Villeneuve-de-Marc avec son mari pour une retraite bien méritée. Elle décède en 2004 à l’âge de 74 ans et M. Robert Pion en octobre 2009 à l’âge de 76 ans.

Décembre 1983 – Départ à la retraite de Mme Suzanne Pion

   
Discours du maire, monsieur Maurice Dye :
Vous êtes arrivés dans notre village en 1956. Il faut le dire, qu’à l’époque il y avait deux classes ; vous étiez donc nos instituteurs. Vous, Mme Pion aviez les petits et vous M. Pion, les grands.
Et, si nous sommes réunis ce soir, c’est pour marquer la fin de vos fonctions, Mme Pion.

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De 1984  à aujourd’hui

La maternelle – le RPI – la nouvelle école

L’école maternelle n’est pas obligatoire mais elle est fortement plébiscitée par les parents. L’urbanisme et le travail des femmes ont rendu les problèmes de garde des jeunes enfants plus complexes et plus onéreux.

En 1984, il y a 2 classes :
• une classe maternelle intercommunale qui fonctionne avec 31 enfants de 2 à 5 ans. Cette classe dirigée par Mme Jobin regroupe des enfants de Saint-Michel, Plan, La Forteresse et Brion. Elle vient d’ouvrir dans la salle de La Fraternelle. La sieste des enfants s’effectue alors sur la scène.
• une classe de primaire de 25 élèves dans la salle du conseil (ancienne « grand classe ») qui permet aux enfants d’être scolarisés au village jusqu’à la 6ème.

En 1985, la maternelle est transférée dans la salle de l’ADMR (ancienne « petite classe »). Cette fois les enfants dorment sous l’escalier qui mène à l’appartement.

1989 : le nom d’« instituteur » est remplacé par « professeur des écoles », même si les enfants continuent à appeler leur enseignant(e) « maîtresse » 80% des professeurs des écoles sont des femmes.
En 1989, par solidarité, quelques enfants de St-Michel viennent renforcer l’école de Brion qui ne comptait que 7 élèves.

1992 : perte de la classe primaire et réorganisation avec l’école de Brion.

En 1996, la maternelle déménage dans un préfabriqué.

2002 : Création du RPI Toutes-Aures avec la venue de Saint-Geoirs.

2004 : ouverture de la nouvelle école fraîchement construite telle qu’on la connait aujourd’hui.

INSOLITE
En mars 2016, des délégués de parents d’élèves ont posté une annonce pour le moins originale sur le site Le Bon Coin afin d’amener de nouveaux enfants à l’école primaire du village et de sauver une des quatre classes :
« Recherchons élèves de la Petite Section au CM2 ».
Faute d’arrivées, la classe fermera l’année suivante et les élèves furent répartis entre les trois autres classes.
Cette démarche originale fit beaucoup parler non seulement sur Les réseaux sociaux mais aussi au niveau national dans certains Médias comme France Bleu, France3, 20 minutes, Le Figaro, Europe1, Ouest France, CNews, etc.

École de Saint-Michel-de-Saint-Geoirs
L'école communale

Aujourd’hui, l’école de St-Michel-de-St-Geoirs accueillera pour l’année scolaire 2020/2021, 19 élèves répartis dans 3 classes : 6 en petite section, 6 en moyenne section  et 7 en grande section.
Pour tout contact ou demande d’informations :
Tél : 04 76 65 58 15

Écoles du RPI “Toutes Aures”

Ce Regroupement Pédagogique Intercommunal concerne 3 communes qui accueillent chacune des classes différentes. Pour l’année scolaire 2020/2021, ce sont 59 élèves qui seront scolarisés.

École “Les Petits Malins” de Saint-Michel : 
Petite, moyenne et grande section (total : 19 élèves). Sous la direction d’Ingrid SGARRA, complétée par Amélie Martinet le jeudi, avec Audrey CHARVET, ATSEM.

École “Les Châtaigniers” de Saint-Geoirs 
CP, CE1 et CE2 (total : 18 élèves). Marie VARGOZ et Sandra MERCIER.

École de Brion
CE2, CM1 et CM2 (total : 22 élèves). Emilie BERRIER SERAFIN et Sandra MERCIER (jeudi).