Les colonies de vacances

Appelée aussi « La Maison de la Colonie » ou « La Maison des Œuvres » La Fraternelle a accueilli chaque été et pendant plusieurs décennies des enfants en colonies de vacances.

Les colonies de vacances 

Origine
À la fin du XIXe siècle, Hermann Walter Bion, un pasteur suisse ému par la mauvaise santé des enfants défavorisés de Zurich, a organisé les premières colonies de vacances en 1876 pour qu’ils profitent de la nature et surtout du grand air. Ces séjours financés par des souscriptions connaissent un succès rapide en Suisse et se généralisent rapidement à toute l’Europe et principalement en France.

La Fraternelle à St-Michel-de-St-Geoirs

LA FRATERNELLE
Présidente :

Danièle GUILLOT
Tél : 04 76 65 53 00
Cette association a fêté ses 90 ans cette année.
La salle de La Fraternelle peut être louée pour des réunions de famille.

Les premières colonies catholiques apparaissent dans les années 1890. La préoccupation n’est pas tant de fortifier le corps et prendre le bon air mais plus d’éduquer le corps et l’esprit dans un environnement sain, comme une contrepartie à l’enseignement laïc. Les œuvres qui veulent arracher les enfants à l’oisiveté et à l’ennui de leurs quartiers ouvrent des colonies de vacances d’été sans vocation curative mais à but éducatif, principalement à la mer ou à la campagne dans des bâtiments prêtés par des institutions religieuses ou le clergé local. Elles connaîtront leur âge d’or entre 1930 et 1960.

La Fraternelle viens d’être inaugurée et, à peine quelques années plus tard, les premiers petits colons (uniquement des garçons) arrivent en Juillet 1932 pour les vacances d’été, où ils sont accueillis par le Directeur des lieux, l’abbé Durand et les surveillants, les abbés Ginet et Brizard.

Les journées des colonies sont évidemment planifiées par les encadrants. L’emploi du temps est le suivant :
lever vers 7 heures, toilette à l’eau fraiche autour d’une fontaine située en contrebas de l’église (il n’y a pas encore l’eau courante à Saint-Michel à cette époque). Après le déjeuner avec café au lait, il y a la traditionnelle messe quotidienne. La matinée se déroule par des travaux manuels et le courrier par temps de pluie, ou par les jeux de plein air par beau temps. À midi, les petits colons se retrouvent tous ensemble pour le repas préparé par une cuisinière aidée de deux bénévoles. L’après-midi est souvent réservé à la promenade dans la campagne, rythmée par des chansons et entrecoupée par le goûter. Après le repas du soir, place aux jeux de cartes, de dominos, ou à la lecture avant le coucher et l’extinction des feux vers 22h30.

La colonie de Saint-Michel semble avoir très bonne réputation et beaucoup de succès, puisqu’un second dortoir est aménagé en 1939 dans La Maison des Œuvres. Le nombre de petits colons est porté à 50. En juillet de cette année là, ils étaient sous la direction de l’abbé Vincent et sous la surveillance des abbés Ginet et Noiret.

Durant la Seconde Guerre mondiale, La Fraternelle continuera de recevoir ces enfants pendant l’été, comme en août 1942, sous la direction de M. Michel Blassette et M. Paul Bonne. Les familles de Saint-Michel participèrent aussi en ravitaillant la colonie en légumes, lait frais (très apprécié par les enfants) ou fromages. Pour manifester leur reconnaissance, les enfants offrirent le 23 août une petite séance gratuite où une quête fut organisée au profil des prisonniers.

En 1943, La Fraternelle hébergea cette année-là dans son local deux colonies successives : la colonie de « La Jeannette » de Grenoble du 6 au 28 juillet, et la colonie habituelle de Saint-Marcellin « La Jeanne d’Arc », du 2 août au 1er septembre. Une fois encore, grâce à l’aide du « Secours national » et à la bienveillance de la population, le ravitaillement put être assuré d’une façon satisfaisante. (Présence du R. P. Barbero, directeur de « La Jeannette »).

« St-Michel est un vrai pays de cocagne. » 

Les enfants semblaient se plaire énormément à Saint-Michel, pas seulement pour son cadre de vie mais aussi pour la cuisine de la colonie comme en témoigne cette carte postale d’un petit colon de Saint-Marcellin datée du 8 août 1943.

En 1944 pendant le mois de juillet, 15 petits « chefs d’équipes » de la colonie de Renage vinrent se former à leur rôle d’entraineurs sous la direction de 2 séminaristes.
En août, 30 petits garçons de Saint-Marcellin débarquèrent à leur tour sous la conduite du R.P. Barbero et des abbés Coffin et Carrier. Suite aux bombardements du 22 août 1944 à Saint-Marcellin (9 morts, 25 blessés), ces enfants durent rester quelques jours supplémentaires à Saint-michel avant de retrouver leurs familles.

Le 19 juillet 1945, les petits colons qui étaient partis en promenade eurent la désagréable surprise à leurs retour de constater que la Maison de la Colonie avait brulée pendant leurs absences et que tous leurs effets personnels étaient partis en fumée. Ils furent aussitôt renvoyés dans leur foyer.  

Les derniers enfants à venir en camp de vacances à Saint-Michel furent vraisemblablement ces petits garçons de Voreppe en août 1955, sous la direction de Jacques Guinet, un séminariste et qui firent pendant quelques semaines parait-il l’admiration des habitants du village par leur bonne tenue et leur politesse.

La Fraternelle logera en septembre 1962 la famille Perrès, rapatriés d′Algérie, après avoir accueilli la famille Navarro pendant les vacances. D’autres familles suivront…

Merci à René Merle, Jean Penet et Michel Pillard, anciens « petits colons » de la région de Saint-Marcellin, pour leurs témoignages.


Sources :
In Situ Revues des patrimoines – Les colonies de vacances en France, quelle architecture ? – Bernard Toulier
Bulletins cantonaux de St-Étienne-de-St-Geoirs – Août-Septembre 1932 à Mars-Avril 1962
La Colonie de Vacances - Cette carte postale a circulé en 1944. © st-michel-de-st-geoirs.fr
La Colonie de Vacances – Cette carte postale a circulé en 1944. © st-michel-de-st-geoirs.fr
La Maison de la Colonie - Cette carte postale a circulé en août 1942. © st-michel-de-st-geoirs.fr
La Maison de la Colonie – Cette carte postale a circulé en août 1942. © st-michel-de-st-geoirs.fr

Cartes postales (recto-verso)
envoyées par des enfants en colonies de vacances à Saint-Michel