Saint-Michel : l’histoire d’une commune sans histoire

On sait peu de choses sur l’histoire de la commune de Saint-Michel-de-Saint-Geoirs. Aucun ouvrage, aucune documentation ni aucune illustration des siècles passés ne sont parvenu jusqu’à nous.

Détail de la carte de Cassini n°119 de 1765. [établie sous la direction de César-François Cassini de Thury].

Détail de la carte de Cassini n°119 de 1765. [établie sous la direction de César-François Cassini de Thury].

Le nom de “St-Michel de la Faim” y est à l’époque mentionné.

L’histoire de ce petit village du Dauphiné a été longtemps dépendante des bourgs voisins, d’abord Saint-Geoirs puis Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs. Cette dernière fut à plusieurs reprises l’objet de convoitises entre grands seigneurs locaux.

Mandement de Saint-Geoirs

Au Moyen-Âge, Saint-Geoirs est un mandement, circonscription territoriale sur laquelle le baron de Bressieux exerce son autorité, qui ne se limite pas seulement au territoire actuel de cette commune mais s’étend sur celles qui l’environnent : le village primitif de Saint-Etienne (la Domus Sti Stephani), Saint-Michel, Plan, Quincieux, Sillans, et Izeaux. Saint-Michel fait donc partie du mandement de Saint-Geoirs.
Le pouvoir des seigneurs de Bressieux s’étend sur plusieurs mandement et vassaux*. Ils font partie des quatre baronnies du Dauphiné. Le château de Bressieux « castrum Bressiacum » dont il reste encore des ruines majestueuses en briques roses est construit à la fin du XIIe siècle par Aymard III. Il succède probablement à un premier château érigé vers 1025. Saint-Geoirs possédait aussi son château « castrum Sancti Georgii » construit au Xe siècle. Une mention en est faite au XIe siècle dans le Cartulaire de Saint Hugues.
Il y avait aussi un château fort à Saint-Michel dont il ne reste hélas plus que le nom sur le plan cadastral. Il dominait le village et était situé au sommet du Devès, à l’emplacement actuel de « La Madone ». Là était, sans doute, le siège d’une « mestralie » – mentionnée au XIIIe siècle – c’est-à-dire d’une circonscription administrative et financière, dépendant vraisemblablement du Sire de Saint-Geoirs et du Baron de Bressieux. Il fut entièrement détruit au XVIe siècle. Les relations avec la puissance baronnie devaient être assez étroites, puisque le château de Bressieux avait une porte appelée « Porte Saint-Michel » laquelle ouvrait sur le chemin dit de Saint-Michel. 


Mandement de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs

Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs fait vraiment son entrée dans l’histoire dauphinoise en 1314, sous le Dauphin Jean II qui l’érigea en ville franche et en cité delphinale : “Villa nova Sancti Stephani de San Juerz” et la dota d’une charte. Il fait construire le château de Saint-Étienne avec son enceinte, et y établit, pour le représenter, un châtelain. Saint-Michel dépend donc de lui. À cette époque, le mandement (ou canton) de Saint-Étienne était composé de cinq paroisses : Saint-Étienne, Saint-Michel, Saint-Geoirs, Plan et Guincieux. Il était placé sous l’autorité du Baron de Bressieux, le Sire de Vinay et celui de Saint-Geoirs, eux-mêmes vassaux des dauphins de Viennois.
Sur le plan de l’administration interne, Saint-Michel, comme les autres villages, a un consul désigné par les habitants. Mais les liens avec Saint-Étienne sont étroits, le mandement formant une « communauté » sous l’autorité du châtelain du chef-lieu. 


1790

Du fait du démembrement du mandement de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, Saint-Michel devient une commune : Saint-Michel-la-Faim « Sanctus-Michael de fame ».

1795

Suite à la constitution de l’an III de la Révolution française, le titre de commune est perdu au profit d’une municipalité de canton.

1800

Les municipalités de cantons sont supprimées. Saint-Michel-de-Saint-Geoirs redevient une commune autonome.

* Vassaux, vassal : un vassal est une personne liée à un seigneur qui reçoit un morceau de territoire que l’on appelle le fief.

Sources : Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, village delphinal – A.-P. Simian, 1861.
Survol historique de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs – Rédigé par l’abbé Joseph Veyron-Churlet.


Les différents noms de la commune

Au cours des siècles, la commune de Saint-Michel aura changé 5 fois de noms.

  • Au début du XIVe siècle : Sancti Michaelis de fayno
    Fayno “de fagina, fayne” : faîne, fruit du hêtre, arbres très communs dans la région et sur les collines)
  • En 1375  S.-Michel du fayne et de fayn ou Saint-Michel près de la Tour
  • Au XVIIIe siècle : Saint-Michel-la-Faim
  • 1795 : Coteau du Bon Air
    Sous la Révolution française, les noms de saints étaient proscrits 
  • 1801 : Saint-Michel-de-Saint-Geoirs

Source : Bulletin de la société dauphinoise d’ethnologie & d’anthropologie – Tome 1 – N°1, 1er mai 1894. BNF, Paris.

1741

1741

Carte du Diocèse de Grenoble
1843

1843

Carte d‘État-Major
Ruines du château de Bressieux

Ruines du château de Bressieux

Victor Cassien, Album du Dauphiné, 1839